La chronique de Laura #2 - #Deauville2018

08 septembre 2018

La chronique de Laura - #Deauville2018

De retour à Deauville en ce vendredi ensoleillé, je commence la journée avec deux conférences de presse captivantes avec Morgan Freeman, à l’hommage cette année au festival, puis l’équipe du film Here and Now, film de Fabien Constant présenté en avant première. Le réalisateur est présent, ainsi que ses producteurs Alison Benson, Lady Monika Bacardi et Andrea Iervolino, et enfin son actrice Sarah Jessica Parker, qui a inauguré le même jour sa cabine sur les planches. La discussion sur la carrière de Morgan Freeman est à retrouver en vidéo sur la page Facebook de la Radio du Cinéma. Les échanges concernant le film Here and Now ont attisé ma curiosité et m’ont poussée à aller le voir le soir même. Le but premier d’une conférence de presse, en somme. Le synopsis annonce qu’après les résultats d’un examen médical, une chanteuse va remettre en question le fondement de son être. Le film tourné en seize jours cherche à suggérer cette profonde remise en question du personnage par la mise en scène plutôt que des actions, par des silences plutôt que des dialogues et par des mouvements de caméra qui ne fonctionnent pas toujours. Le jeu de Sarah Jessica Parker n’est pas bouleversant et ne parvient pas à saisir le public. C’est dommage étant donné les excellentes intentions énoncées par l’équipe le matin même : faire un portrait de femme d’aujourd’hui, qui se retrouve à devoir faire le bilan de sa vie bien avant l’heure.
Plus tôt dans l’après-midi, c’est un autre portrait de femme que je découvre, elle aussi confrontée à un bilan d’une autre nature. Suite à la découverte d’une lettre qu’elle avait écrite enfant, elle se met à enquêter sur son propre passé et la nature de la relation qu’elle entretenait avec deux adultes, dont elle garde de tendres souvenirs. Un récit passionnant, voire essentiel, sur le point de vue d’un enfant de treize ans sur ce qui lui arrive, face à l’horreur ressentie avec le recul vingt ou trente ans plus tard. La double narration fonctionne et les échanges entre la Jenny adulte et enfant sont saisissants. On comprend peu à peu, en même temps que le personnage, la gravité de ses découvertes, et lorsque le générique arrive et que le nom de la réalisatrice correspond au nom du personnage, et que l’on nous rappelle que le film est adapté de son propre témoignage, je reste figée.
Si les sujets de ces deux films émeuvent, c’est le style et le jeu d’acteur de Thunder Road qui me convainquent le plus. Le film s’ouvre sur les funérailles de la mère du héros, un policier américain. La scène offre un long travelling avant très lent, laissant toute la place à Jim Cummings, à la fois réalisateur, producteur et acteur principal, pour s’exprimer, pleurer, se ressaisir... et danser. Le film livre le récit d’un homme qui perd tout mais se bat pour sauver ce qui peut l’être, le tout souligné par une réalisation sobre et un acteur à l’expressivité corporelle puissante. La claque de cette journée.
Je me contente de « seulement » trois films aujourd’hui, mais trois films aux propos forts.
La programmation promet bien des émotions pour mes deux derniers jours !

Aucune description de photo disponible.

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article