La chronique de Laura - Festival international du film d'animation d'Annecy 2020 - The Shaman Sorceress, de Jae huun Ahn, Longs métrages Contrechamp

30 juin 2020
Mon tour du monde virtuel de l’animation continue au festival d’Annecy, ou plutôt dans mon salon aménagé pour l’occasion, avec un film sud-coréen. Un jeune garçon raconte l’histoire d’une jeune fille malentendante venue chez lui quelque temps, et qui l’a fasciné avec ses peintures. On découvre alors l’histoire d’une famille coréenne vivant près de Gyeongju, dont la mère chamane voit son fils revenir converti au christianisme alors qu’elle l’avait envoyé au temple étudier le bouddhisme. La jeune demi-soeur du garçon devient le témoin silencieux et impuissant d’une déchirure au sein de la famille alors que ces conflits de religion font monter la tension dans le foyer et amènent chacun des personnages au bord du gouffre. La chamane perd pied, incapable de reconvertir un fils qui répand la bonne parole chrétienne dans toute la région, ouvrant des églises et faisant vaciller la foi de ses concitoyens en des rites chamaniques autrefois populaires. Ce sujet aride et une narration lente pourraient perdre le spectateur si l’esthétique n’était pas aussi sublime. Les couleurs de la nature coréenne y sont époustouflantes, et le trait des dessins d’une grande finesse. Les quelques chansons portées par des voix puissantes et élégantes viennent rythmer le récit et lui conférer toute la délicatesse propre au peuple coréen et à sa culture. Véritable fresque historique des chamboulements liés à la confrontation des deux religions en Corée du Sud, The Shaman Sorceress est surtout une perle visuelle qui a bien mérité sa mention du Jury Contrechamp.
L’image contient peut-être : intérieur

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