21 septembre 2026
Au Festival De l'Ecrit à l'Ecran, Jean-Pierre Jeunet présentait en avant-première Changer l’eau des fleurs, adaptation du roman phénomène de Valérie Perrin.
Adapter un livre vendu à cinq millions d’exemplaires ? Jean-Pierre Jeunet préfère en rire : c’est plutôt « rassurant ». La tâche, elle, l’était moins. Le roman joue avec les époques, les récits, les souvenirs. Il fallait en conserver le mouvement sans égarer le spectateur. Jean-Pierre Jeunet résume l’exercice à sa manière : « restructurer pour redéstructurer ».
Il se dit « gardien du temple », mais un gardien qui sait déplacer quelques meubles. Couper, simplifier, réinventer : accepter, finalement, que la littérature se transforme en devenant cinéma.
Et quel cinéma.
Et puis elle est là : Leïla Bekhti.
Jean-Pierre Jeunet peut composer son cadre au millimètre, lorsqu’elle apparaît, quelque chose échappe au plan. Cette intensité rencontre le goût du contrôle du réalisateur et, parfois, ça frotte. Il en tire cette merveilleuse formule : « Parfois les étincelles, c’est flamboyant. »
Elles le sont.
S’il fallait garder un mot de cette rencontre avec Jean-Pierre Jeunet, ce serait « fignoler ».
Il ajuste, recommence, fabrique, corrige. Le détail compte. Toujours. Même celui que nous ne verrons peut-être pas.
La signature de Jean-Pierre Jeunet est partout, mais elle ne cherche jamais à prendre le dessus sur le roman de Valérie Perrin. Sa fantaisie est là, son goût de l’image aussi, mais quelque chose s’est apaisé... Du grand Jean-Pierre Jeunet, OUI ! Plus délicat peut-être...
Quoi qu'il en soit ..un cinéaste qui a trouvé comment changer l’eau sans toucher aux fleurs ..