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Cannes 2026 : la sélection officielle complète, films en compétition et sections à suivre


09 avril 2026

Le jeudi 9 avril 2026, Thierry Frémaux a présenté la Sélection officielle du 79e Festival de Cannes (du 12 au 23 mai). Son fil rouge tient en trois idées : la circulation mondiale des films et cette conviction souvent rappelée à Cannes, empruntée à Jean Douchet, selon laquelle « le cinéma est un instrument de connaissance du monde ». Voici, film par film, ce qu’il a dit, section par section.

Compétition : 21 films pour la Palme d’or, avec cinq réalisatrices annoncées

Thierry Frémaux a insisté sur la variété des sujets et sur la mise en scène comme boussole : les films ne sont pas seulement des thèmes, ce sont des formes, des points de vue, des manières de regarder la société, l’histoire et les affects. Il a aussi signalé qu’un complément de sélection arriverait bientôt...

  • MinotaureAndrey Zvyagintsev
    Le cinéaste russe, aujourd’hui hors de Russie, observe la bourgeoisie confrontée à la guerre et à la conscription, tout en tissant un écho revendiqué à La Femme infidèle de Claude Chabrol.
  • El ser queridoRodrigo Sorogoyen cinéaste « démiurge » qui ne transige pas
    Nouvelle entrée en compétition : un film de plateau porté par Javier Bardem, , tandis que le tournage se heurte aux questions de comportements qui traversent l’époque.
  • The Man I LoveIra Sachs
    Deuxième passage en compétition : un récit ancré dans l’histoire récente de New York, autour du sida, avec un rappel très direct que la maladie continue de frapper là où l’accès aux traitements reste fragile.
  • 1945Paweł Pawlikowski
    Un noir et blanc « à la Pawel » : le retour de Thomas Mann en Allemagne, en 1945, pour recevoir le prix Goethe. Thierry Frémaux y voit un film qui pousse à « rester intelligents, tolérants » au lendemain du fracas.
  • MoulinLászló Nemes
    Jean Moulin, figure de la Résistance, incarnée par Gilles Lellouche : retour en compétition d’un cinéaste dont la première venue avait marqué les esprits.
  • Histoire de la nuitLéa Mysius
    Première compétition pour la réalisatrice : une adaptation de Laurent Mauvignier, annoncée comme une histoire portée par la matière romanesque.
  • FjordCristian Mungiu
    Un film situé en Norvège, où des décisions deviennent des pièges moraux. Thierry Frémaux décrit le fjord comme figure géographique, mais aussi ressort narratif qui resserre les choix.
  • Notre salutEmmanuel Marre
    Une traversée du quotidien du régime de Vichy, vue par le prisme des fonctionnaires et de la mécanique administrative, avec la volonté d’éclairer un pan d’histoire sans l’édulcorer.
  • Gentle MonsterMarie Kreutzer
    Un couple, puis la révélation d’une facette inattendue, « quelque peu monstrueuse », chez l’un des deux. Avec Léa Seydoux.
  • Nagi NotesKoji Fukada
    Première entrée en compétition pour le cinéaste : un Japon rural et des solitudes qui se rencontrent, dans une veine qu’il présente comme profondément humaine.
  • HopeNa Hong-jin
    Un film coréen « qui change en permanence de genre », décrit comme une expérience de récit en mouvement, avec une durée annoncée d’un peu plus de deux heures.
  • Sheep in the BoxHirokazu Kore-eda
    L’intelligence artificielle, mais aussi l’enfance, l’innocence et le passage d’un âge à l’autre. Thierry Frémaux glisse une image volontairement piquante : l’IA et l’intelligence, c’est comme le vélo électrique et le vélo.
  • GaranceJeanne Herry
    Première venue à Cannes comme cinéaste : il rappelle son engagement professionnel et syndical, avant de la présenter comme une réalisatrice qui n’a « jamais cessé » de l’être, avec Adèle Exarchopoulos au casting.
  • L’InconnuArthur Harari
    Adapté d’un roman graphique : substitution, identité, trouble, et un « objet de cinéma extrêmement singulier » qui a fait débattre le comité. Il rattache ce type de film à la tradition cannoise des batailles esthétiques.
  • SoudainRyusuke Hamaguchi
    Un film franco-japonais tourné à Paris, avec comédiens français et japonais, présenté comme un signe de la place du cinéaste dans le cinéma mondial.
  • L’Aventure rêvéeValeska Grisebach
    Thierry Frémaux insiste sur ces territoires d’Europe qui deviennent des paysages de récit, et sur la capacité du cinéma à faire comprendre des lieux que l’on connaît mal.
  • CowardLukas Dhont
    Un film sur la guerre de 14 pensé dans une lumière inspirée des autochromes, ces photographies couleur du début du siècle : il parle de « pur cinéma » porté par la caméra et la mise en scène.
  • La bola negraJavier Ambrossi et Javier Calvo
    Film historique qui suit la trace laissée par Federico García Lorca, avec une inventivité de mise en scène annoncée et une apparition brève de Penélope Cruz que Thierry Frémaux qualifie d’inoubliable.
  • La vie d’une femmeCharline Bourgeois-Tacquet
    Porté par Léa Drucker : il évoque aussi la présence d’Erri De Luca et le souvenir d’un ancien juré dont Cannes avait gardé la trace...
  • Histoires parallèlesAsghar Farhadi
    Un film tourné en France : plusieurs destins dans un coin de Paris, des regards d’immeuble à immeuble, et une troupe d’acteurs français dirigée au cordeau dans la mécanique Farhadi.
  • Amarga NavidadPedro Almodóvar
    Un retour en compétition et l’occasion d’accueillir une équipe et des comédiens moins connus du public cannois.

Un Certain Regard : premières fois, nouveaux pays, et le goût des titres qui restent

Frémaux déroule cette section comme une carte postale du cinéma qui arrive. Il insiste sur la diversité des pays (il évoque 141 pays vus au total) et sur l’arrivée remarquée du Costa Rica en sélection officielle. Il cite aussi l’animation, le premier film, et ces œuvres qui donnent à voir une société avec un angle inattendu.

  • De toutes les nuits, les amantsYukiko Sode
    Il ouvre la liste par un titre qu’il présente comme l’un des plus beaux de la sélection, pour un film japonais porté par la puissance du nom.
  • Every TimeSandra Wollner
    Une entrée autrichienne, citée pour la singularité de son geste.
  • Quelques mots d’amourRudi Rosenberg
    « On a besoin d’amour et de douceur », dit-il en présentant cette entrée française.
  • I’ll Be Gone in JuneKatharina Rivilis
    Un premier film allemand : il souligne la découverte et le pas inaugural.
  • Yesterday, The Eye Didn’t SleepRakan Mayasi
    Un film libanais annoncé comme une expérience de veille et de tension.
  • Siempre soy tu animal materno  — Valentina Maurel
    Thierry Frémaux souligne l’événement : première présence du Costa Rica dans la sélection officielle.
  • El de cieloManuela Martelli
    Le Chili rejoint la liste d’un Certain Regard, dans cette idée d’ouverture géographique assumée.
  • La mas dulceLaïla Marrakchi
    Un film pensé avec une circulation Maroc–Espagne, et une cinéaste déjà passée par la section.
  • UlaViesturs Kairishs
    Il évoque la basketteuse Nadia Semenova comme trame, en précisant qu’il ne s’agit pas d’un biopic classique, mais d’un film d’auteur sur une figure « grande dans tous les sens du terme ».
  • Club KidJordan Firstman
    Un premier film américain présenté comme une nouvelle entrée à suivre.
  • Congo BoyRafiki Fariala
    Il souligne la présence d’un cinéma d’Afrique centrale, dans un mouvement de déplacement des regards africains récemment observé à Cannes.
  • BenimadiaMarie-Clémentine Dusabejambo
    Un premier film rwandais sur la réconciliation après le génocide, dont il souligne la force de cinéma, au-delà du seul sujet.
  • Le CorsetLouis Clichy
    L’animation trouve sa place dans la section, citée comme une évidence de programmation.
  • Les Éléphants dans la brumeAbinash Bikram Shah
    Premier film népalais : Thierry Frémaux retient une singularité de regard sur la société.
  • Teenage Sex and Death at Camp MiasmaJane Schoenbrun
    Film d’ouverture de la section : il s’amuse de la traduction du titre, tout en signalant que le nom annonce déjà le voyage.

Séances spéciales : documentaires, histoire, et films qui témoignent

Dans les séances spéciales, Thierry Frémaux place souvent des documentaires destinés à l’Œil d’or. Il insiste sur l’importance de retourner vers l’histoire, non par nostalgie, mais pour mieux comprendre le présent, comme un motif musical qui revient et éclaire la scène autrement.

  • John Lennon: The Last InterviewSteven Soderbergh
    Il se réjouit d’un retour attendu d’un habitué de Cannes, cette fois sur la forme documentaire.
  • Les Matins merveilleuxAvril Besson
    Il corrige lui-même : premier film de fiction, avec India Hair et Éric Cantona.
  • Richard AvedonRon Howard
    Il présente le film comme une traversée d’époques et de sociétés, avec l’idée de « visiter une exposition » par le cinéma.
  • Rehearsal for a RevolutionPega Ahangarani
    Premier film iranien annoncé comme une façon de raconter l’histoire du pays pour mieux comprendre ses tensions contemporaines.
  • Les Survivants du CheChristophe Dimitri Réveille
    Un récit autour des compagnons de Guevara, avec la mémoire qui s’éteint et l’urgence de recueillir des témoignages.
  • L’Affaire Marie-ClaireLauriane Escaffre et Yvo Muller
    Il situe le film dans l’histoire du procès de Bobigny et des combats menant à un changement de loi, avec des figures et des artistes engagés.
  • CantonaDavid Tryhorn et Ben Nicholas
    Un portrait d’Éric Cantona côté football, présenté comme une machine à remonter le temps vers les années quatre-vingt-dix et leur décalage avec aujourd’hui.

Cannes Première : des avant-premières pour trouver la meilleure place

Thierry Frémaux explique la logique de Cannes Première comme un outil de programmation : offrir une grande salle et un rendez-vous mondial à des films qu’il juge importants, sans les forcer dans un cadre qui ne serait pas le leur.

  • Vol de nuit pour Los AngelesJohn Travolta
    Un film d’environ une heure, produit et réalisé par John Travolta, qui raconte un premier voyage en avion, hommage direct à sa passion des aéronefs.
  • Le Bois de ClaraVolker Schlöndorff
    Un film qui visite l’histoire de l’Allemagne par un lieu, un bois, comme on raconterait des vies par les murs d’une maison.
  • Le Château d’AriokaKiyoshi Kurosawa
    Retour au film d’époque et au samouraï, présenté comme une passion retrouvée chez un cinéaste très prolifique.
  • The GameJuan Cabral et Santiago Franco
    Le match Argentine–Angleterre de 1986 comme récit politique et intime, avec la mémoire encore vive de la « Main de Dieu ».
  • La troisième nuitDaniel Auteuil
    Un film d’époque sur le sauvetage d’enfants pendant la Seconde Guerre mondiale, situé dans la région lyonnaise, à Vénissieux.

Séances de minuit et hors compétition : le grand écran pour les récits nocturnes et les films-événements

Pour ces séances, Thierry Frémaux cherche le frisson, l’étrangeté, la liberté de ton. Il insiste sur le plaisir d’accueillir des nouveaux venus, et sur le fait qu’une sélection peut encore surprendre ceux qui croyaient « voir toujours les mêmes ».

  • ColonyYeon Sang-ho
    Un film d’horreur et de zombies : la peur se fabrique dans un immeuble fermé, avec une mécanique de huis clos annoncée comme propice à l’inventivité.
  • Roma ElasticaBertrand Mandico
    Une première à Cannes pour Mandico : Thierry Frémaux annonce un film « fellinien » et tourné à Rome, en partie sur un plateau, avec Marion Cotillard et Noémie Merlant.
  • SanguineMarion Le Corroller
    Premier film, et horreur médicale : il insiste sur l’idée de sous-genres qui se répondent et se déforment.
  • Full PhilQuentin Dupieux
    Tourné à Paris avec Woody Harrelson, Kristen Stewart et Charlotte Lebon : il annonce un film « très Dupieux », donc difficile à raconter sans gâcher la surprise.
  • Jim QuinnMarco Nguyen et Nicolas Athané
    Animation, milieu des salles de musculation et backrooms : il raconte un pitch volontairement provocateur, avec une « maladie » fictive et une quête de remède.
  • Her Private HellNicolas Winding Refn
    Il annonce un film « tout Refn », avec ce goût pour la marge, programmé dans la grande salle hors compétition.
  • L’AbandonVincent Garenq
    Un film qui revient sur la solitude de Samuel Paty et les engrenages autour de son assassinat, présenté comme une prise de parole nécessaire par le cinéma.
  • DiamondAndy Garcia
    Andy Garcia passe à la réalisation : Thierry Frémaux décrit un policier contemporain à Los Angeles, nourri d’une nostalgie de romans noirs et d’ombres à la Chandler.
  • KarmaGuillaume Canet
    Histoire originale, avec Denis Ménochet et Marion Cotillard .
  • L’Objet du délitAgnès Jaoui
    Comédie contemporaine autour d’une troupe d’opéra qui monte Les Noces de Figaro, avec un groupe traversé par les questions d’aujourd’hui.
  • La bataille de Gaulle : l’âge de ferAntonin Baudry
    Première partie d’un diptyque de deux films annoncés à 2h30 chacun : Thierry Frémaux raconte aussi le parcours diplomatique de Baudry et la dimension de « grande bataille » du projet.

Cannes Classics : restaurations, mémoire critique, histoire du cinéma en action

Frémaux rappelle que Cannes Classics n’est pas un musée immobile : il y a des restaurations, des documentaires, et des films qui interrogent l’histoire du cinéma. Il annonce une copie restaurée du Labyrinthe de Pan pour ses vingt ans, et un documentaire consacré à une critique de Positif engagée dans la guérilla guatémaltèque, morte très jeune, dont des archives inédites ont été retrouvées.

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Infos pratiques

  • Dates : du 12 au 23 mai 2026.
  • Annonce de la sélection : jeudi 9 avril 2026.
  • Ouverture : La Vénus électrique, de Pierre Salvadori, en séance d’ouverture le mardi 12 mai.
  • À retenir : Frémaux annonce des compléments possibles à venir sur certaines sections et sur la liste de compétition.

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