Le film du réalisateur iranien Asghar Farhadi s’impose comme un thriller psychologique porté par un scénario bien ficelé. Il joue habilement sur des histoires parallèles qui finissent peu à peu par se répondre, jusqu’à brouiller la frontière entre réalité et imagination.
Le cœur du récit repose sur l'idée que notre imaginaire peut nous piéger. D’abord simple projection mentale, il prend progressivement le dessus sur le réel avant que celui-ci ne semble finalement lui donner raison. Certains événements d’abord imaginés finissent par se produire, comme si les pensées des personnages contaminaient le monde qui les entoure.
L’atmosphère participe énormément à cette tension. La mise en scène privilégie une ambiance sombre et humide, souvent sous la pluie, qui accentue le sentiment d’inquiétude permanente. La bande-son joue également un rôle essentiel : la musique, intrigante et discrètement anxiogène, accompagne la montée du malaise. Le travail sur les bruits est particulièrement marquant, d’autant que les personnages principaux sont eux-mêmes bruiteurs.
Accompagné par un casting 5 étoiles - Catherine Deneuve, Isabelle Hupert, Virginie Effira, Vincent Cassel et Pierre Niney - le jeune Adam, incarné par Adam Bessa, livre une prestation remarquable, pleine de retenue et d’humanité.
On pourra toutefois reprocher au film, d'une durée de 2h20, quelques longueurs... Certaines scènes étirent volontairement le suspense mais ralentissent le rythme général. La construction en récits parallèles, parfois complexe, peut également désorienter le spectateur et rendre le film difficile à suivre.
Article de Virginie Perrenot pour LA RADIO DU CINEMA - Cannes 2026