Hunt, de Lee Jung-Jae - Hors compétition Festival de Cannes 2022

La chronique de Laura - Hunt, de Lee Jung-Jae - Hors compétition Festival de Cannes 2022

"L'acteur star de Squid Game, Lee Jung-jae, présente son premier film en tant que réalisateur", peut-on lire partout. Avant la série, il jouissait cependant déjà d'une certaine notoriété en Corée du Sud, assez pour être arrivé au stade de passer derrière la caméra pour un film au sujet et à la réalisation ambitieux. Rien de très étonnant à voir un réalisateur coréen s'attaquer au sujet de la guerre entre les deux Corée et la réunification, puisque ces sujets imprègnent encore aujourd'hui profondément le quotidien des deux pays et les esprits de ses habitants, mais c'est dans la forme que Jung-jae surprend.
Ce film d'espionnage respecte les codes du genre, depuis les cartons explicatifs du début jusqu'aux instants de révélation accompagnés de leur inévitable musique intense. Le film est cependant sous l'influence évidente de Squid Game, de ce style visuel coréen vif et explosif qui nous rend ce cinéma si particulier. Les scènes de fusillade, longues et tonitruantes, créent une narration à part entière. La mort y est distribuée à la volée, soudaine et sans appel. D'abord implacable et saisissante, elle en devient banalisée. Et ainsi, alors que le film avance, les ficelles deviennent apparentes et la tension se délite.
Lee Jung-jae propose tout de même une plongée audacieuse au cœur des tensions entre les deux Corée dans les années 80, n'ayant pas peur de montrer les pires horreurs perpétrées par l'armée sud coréenne à la recherche de l'espion du Nord qui menace l'équilibre fragile du pays. Un bon film d'espionnage qui plaira aux fans du genre et saura séduire les amateurs de grosse artillerie.