La chronique de Laura #4 - #Deauville2018

La chronique de Laura #4 - #Deauville2018

Deauville se réveille lentement après sa dernière journée de festivités, mais les projections continuent pour la journée, et c’est dès 9h30 que je m’assois à nouveau dans la salle du Casino pour Nancy, film de Christina Choe en compétition. Le personnage de Nancy, auteure dont les écrits essuient refus après refus des éditeurs, cherche un sens à sa vie. Elle pense le trouver peu après la mort de sa mère avec qui elle vivait, en entendant parler d’une enfant de 5 ans disparue trente ans plus tôt, et en qui elle ca s’identifier. L’espoir renaît alors chez elle et chez les parents qui n’ont jamais cessé de chercher, donnant lieu à des silences et des regards plein de promesses, de tendresse et d’attentes. L’ensemble est touchant et réaliste, et les personnages réellement attachants.
J’enchaine immédiatement avec Dead Women Walking, de Hagar Ben-asher, six portraits de femmes condamnées à mort, que l’on suit quelques instants chacune quelques jours, quelques heures, voire quelques minutes avant leur exécution. La tension et l’émotion vont donc crescendo, mais ce choix de multiplication des portraits empêche le spectateur de vraiment s’attacher à ces femmes, et divise l’attention. Certaines scènes marquent tout de même plus que d’autres et restent à l’esprit bien après la sortie de la salle. Le réalisateur livre ainsi un tableau de la condition des condamnées à mort américaine, en remettant en cause cette pratique par le biais d’enfants qu’il interroge. Un film inégal mais percutant sur un sujet difficile, qui fait écho à la série documentaire de Netflix I Am A Killer.
Après une majeure partie de l’après midi passée sur la plage pour profiter du soleil de Deauville, qui me détourne finalement du grand écran l’espace de quelques heures, je retourne au CID pour mon ultime séance de ce festival. La dernière séance est consacrée au Prix du Public, en l’occurrence Puzzle de Marc Turtletaub, un portrait de femme au foyer, mère de famille, qui se découvre un jour une passion et un réel talent pour les puzzles, qu’elle finit en un temps record. Elle s’inscrit alors à une compétition en duo, avec un champion rencontré par petites annonces. Cette histoire d’émancipation de femme est certes un peu plus convenue que le reste de la compétition sur le fond comme sur la forme, mais le personnage d’Agnès est touchant de candeur et de sincérité, et il est ô combien satisfaisant de la voir se rebeller contre son mari, véritable incarnation du patriarcat, et contre sa vie convenue.

Avec trois films aux sujets féminins, cette conclusion apportée au festival le résume finalement assez justement : il est l’heure de mettre les femmes en avant, de changer leur quotidien, de les voir se rebeller. La compétition du Festival du Film Américain de Deauville reflète les thématiques de la société américaine d’aujourd’hui, qui trouvent écho dans notre propre pays, jusque sur nos plages normandes, que je quitte à regret, avant de revenir l’année prochaine, fidèle au rendez-vous.

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