La chronique de Laura - Voyez comme on danse, de Michel Blanc

La chronique de Laura - Voyez comme on danse, de Michel Blanc (au cinéma le 10 octobre)

Les projections pour la presse ont quelque chose de particulier, il s’en dégage en général une sensation de devoir commun, plutôt que de plaisir partagé entre spectateurs lors de n’importe quelle séance de cinéma. Il ne s’agit plus tellement de divertissement mais de travail et d’évaluation : exit les bandes annonces et publicités, on est là pour un film bien précis. Les lumières s’éteignent et la nouvelle comédie de Michel Blanc démarre aussitôt, dans le vif du sujet.

On apprend vite à connaître et reconnaitre les multiples personnages de ce film choral, où chacun apporte un peu plus de chaos à l’ensemble, même si la palme revient à Karin Viard, dont le personnage semble traverser l’existence avec résignation. Chacune de ses répliques vise à faire rire, ce qui finit par être prévisible et pourtant toujours efficace. Chaque personnage est très caractérisé : Michel Blanc nous propose donc cette mère que plus rien ne semble surprendre, le parano qui trompe sa femme, la femme trompée qui reste digne, la jeune fille enceinte à dix-sept ans, son mec paniqué, et enfin le fils sain d’esprit mais qui peine à le rester au milieu de toute cette folie. J’entends les journalistes rire derrière moi, comme quoi le devoir n’empêche pas le divertissement. C’est vrai que l’on s’amuse de ces situations cocasses et des réactions de cette bande haute en couleurs, mais l’on peine à vraiment s’y attacher tant le scénario est classique. Le casting est par ailleurs assez inégal, notamment Jacques Dutronc qui parait ne rien ressentir, et livre des répliques comiques sans conviction. Les deux révélations Guillaume Labbé et Jeanne Guittet y apportent cependant un souffle nouveau, soutenus par leurs aînés Karin Viard, Carole Bouquet, Jean-Paul Rouve et compagnie.
L’ensemble est divertissant, attendrissant et nous montre que dans l’adversité, on est plus fort ensemble.

Mais la dernière note n’a pas encore fini de retentir que les journalistes quittent déjà la salle, pressés par leur emploi du temps. L’heure du divertissement est passée, retour à la vie, au travail.

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