La Femme de Tchaïkovski, de Kirill Serebrennikov En compétition #cannes2022

La Femme de Tchaïkovski, de Kirill Serebrennikov En compétition #cannes2022 Par Jérémie

« Tu peux faire ce que tu veux, mais évites de marcher sur mes chaussures en suédine bleue »
Un rendez-vous attendu. Surtout après LA FIÈVRE DE PETROV, expérience surréaliste du Cannes dernier, par le même réalisateur. Si son prédécesseur m’avait fait suivre le lapin blanc dans un dédale psychédélique à base de toux (Covid oblige) , de sexe et de « euh.. Il se passe quoi là ? », LA FEMME DE TCHAÏKOVSKI se veut plus « conventionnel », avec des guillemets à base de doigts de Tyrannosaure. Et quel plaisir de retrouver cette technique, où chaque plan -majoritairement séquences-est une toile de Rembrandt. Ces scènes où l’illusion rencontre le beau et le malaise. Cette bande son , dans la diégèse ou non du récit, qui sublime l’implication du spectateur.
Et celle-ci, évidemment au centre du film nous permet de (re) découvrir un des plus grands compositeurs de musique classique, jusque dans son intimité. Un « scandale » dont je n’avais pas
connaissance, et dont l’ignorance vous vaudra un spectacle d’autant plus grand.
Rien ne vaut l’Amour, le vrai. Le sincère, le bienveillant, le pur. Et s’il est calculé, forcé, contraint… arrivent les dérives.
Le Ted de Ben Stiller dans Mary à Tout Prix le décrit très bien : « ils font une de fixation sur toi, à cause de l’image d’eux-mêmes que tu leur renvoie. C’est pas de l’amour ça, je sais pas ce que c’est. »

Une des œuvres majeures de ce festival, qui ose graphiquement. Puritains s’abstenir.