20 mai 2026
CANNES. Compositeur emblématique de plusieurs chefs-d’œuvre du cinéma français et international, Éric Serra était l'invité de Jenna Suru pour La Radio du Cinéma à l'occasion du Festival de Cannes 2026. De ses souvenirs cannois aux coulisses de la création musicale, en passant par sa prochaine tournée rétrospective, l'artiste a partagé avec sincérité sa vision de la musique, du cinéma et de la scène.
Présent sur la Croisette dans le cadre d'une rencontre organisée à la Fnac de Cannes, le compositeur de Subway, Le Grand Bleu, Nikita, Léon, Le Cinquième Élément ou encore GoldenEye a d'abord évoqué le lien particulier qui l'unit au Festival de Cannes.
« La première fois que je suis venu, c'était il y a trente-huit ans », se souvient-il avec émotion. Depuis, les passages se sont multipliés, entre projections prestigieuses, concerts et présentations de films. « Il y a toujours cette ambiance festive qui rend Cannes unique », confie-t-il.
Une tournée rétrospective pour revivre les grandes musiques de sa carrière
Si Éric Serra est présent cette année sur la Croisette, c'est aussi pour annoncer la grande tournée qui l'attend à partir de novembre 2026. Un spectacle ambitieux qui retracera l'ensemble de son parcours musical.
Le compositeur promet un voyage à travers les œuvres qui ont marqué plusieurs générations de spectateurs. Les thèmes de Subway, Le Grand Bleu, Nikita, Léon, Le Cinquième Élément, GoldenEye, Lucy ou encore Arthur et les Minimoys résonneront à nouveau sur scène, accompagnés de créations issues de ses albums personnels et de ses collaborations avec le Cirque du Soleil.
Pour donner vie à ce projet, une trentaine de musiciens seront réunis dans une mise en scène spécialement conçue pour célébrer près de quarante ans de carrière. Parmi les dates annoncées figure notamment un passage au Palais Nikaïa de Nice le 28 novembre.
Luc Besson, une rencontre décisive
Interrogé sur son parcours, Éric Serra rappelle que rien ne le destinait initialement à la musique de film. Instrumentiste avant tout, il découvre cet univers presque par hasard grâce à sa rencontre avec un jeune réalisateur nommé Luc Besson.
« Nous avions à peine dix-huit ans lorsque nous nous sommes rencontrés », raconte-t-il. De cette complicité naîtront plusieurs collaborations majeures qui marqueront durablement le cinéma français et feront de leur duo l'un des plus célèbres du septième art.
« La musique de film est magique »
Pour le compositeur, la force de la musique au cinéma reste intacte. Il rappelle combien une bande originale peut transformer la perception d'une scène et modifier profondément les émotions du spectateur.
« Une même scène peut devenir drôle, dramatique ou angoissante uniquement grâce à la musique », explique-t-il. Une puissance expressive qu'il qualifie de « magique » et qui continue de nourrir sa passion après plusieurs décennies de carrière.
Cette vision s'accompagne toutefois d'une conviction forte : la réussite d'une musique de film repose avant tout sur la relation entre le réalisateur et le compositeur. « Ce qui m'intéresse, c'est l'échange, la sensibilité commune », souligne-t-il, rappelant que ses collaborations les plus enrichissantes sont toujours nées d'une véritable complicité artistique.
La scène, son premier amour
Si ses musiques sont associées aux plus grands succès du cinéma, Éric Serra revendique avant tout son identité de musicien de scène. Une passion qui remonte à l'enfance.
« Mes premiers pas sur scène, je les ai faits à onze ans », raconte-t-il. Aujourd'hui encore, le concert demeure pour lui un moment irremplaçable. « Être avec les musiciens, créer la musique en direct et recevoir l'énergie du public, c'est complètement magique. »
À l'inverse, il décrit la composition comme un exercice solitaire, parfois difficile, fait de longues périodes de recherche avant l'émergence d'une idée. Deux plaisirs complémentaires qu'il compare avec humour à la différence entre jouer au tennis et lire un livre.
La sincérité avant tout
Questionné par Jenna Suru sur son public international, Éric Serra livre enfin une réflexion très personnelle sur le processus créatif.
Lorsqu'il compose, il ne cherche pas à deviner les attentes du public. « J'essaie d'abord de me faire plaisir à moi-même », explique-t-il. Une démarche fondée sur la sincérité artistique plutôt que sur la recherche du succès à tout prix. Selon lui, lorsqu'une œuvre touche profondément son créateur, elle possède naturellement davantage de chances de toucher les autres.
Une philosophie qui résume parfaitement le parcours d'un artiste resté fidèle à ses convictions, et dont les mélodies continuent d'accompagner l'imaginaire de millions de spectateurs à travers le monde.
La tournée rétrospective d'Éric Serra débutera le 13 novembre 2026 au Zénith de Rouen avant de s'achever le 6 décembre à l'Accor Arena de Paris, avec notamment une étape au Palais Nikaïa de Nice le 28 novembre.