Les Bobines d'Amandine - Sorties cinéma du 19 août 2026 avec Mutiny, Fjord, Oklahoma Honey, La Nirvana et Marius

17 août 2026
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Jason Statham pris au piège sur un porte-conteneurs, Cristian Mungiu face aux fractures d'une famille, Matthew McConaughey au milieu des ruches et du bluegrass, une exploitation agricole reconvertie de manière très inattendue et un serpent de mer qui ne sait pas nager : ce mercredi 19 août 2026 ouvre cinq chemins vers les salles obscures. no spoils

Mutiny : Jason Statham règle ses comptes en haute mer

Dans Mutiny, Jean-François Richet confie à Jason Statham un territoire qui lui va comme une paire de gants de combat. Cole Reed, ancien membre des forces spéciales devenu responsable de la sécurité d'un milliardaire, est accusé du meurtre de son employeur. La fuite le conduit sur un porte-conteneurs contrôlé par des mercenaires, tandis qu'une conspiration beaucoup plus vaste commence à se dessiner.

Le plaisir annoncé vient d'abord de ce décor. Un cargo géant n'offre ni avenues dégagées ni échappatoires commodes : coursives métalliques, escaliers, passerelles et containers composent un espace resserré où chaque déplacement peut devenir une embuscade. Jean-François Richet dispose ainsi d'un terrain propice à une action physique, lisible et directe, avec un héros contraint d'utiliser son environnement autant que ses poings.

Jason Statham retrouve ici ce personnage qu'il sait faire exister en quelques gestes : l'homme peu bavard, rompu au combat, que l'on aurait probablement mieux fait de ne pas provoquer. Le scénario joue avec cette évidence tout en ajoutant la mécanique du fugitif injustement accusé. Il ne s'agit donc plus seulement de survivre, mais également de comprendre qui manipule qui.

Mutiny semble surtout parler aux amateurs de thrillers d'action qui apprécient les intrigues tendues, les décors industriels et les confrontations sans détour. Le huis clos maritime apporte à la formule une contrainte supplémentaire : sur un navire perdu au large, tourner au coin de la rue n'est même plus une option.

À savoir : Mutiny dure 1h35, sort en France le 19 août 2026 et est interdit aux moins de 12 ans.

Fjord : Cristian Mungiu ausculte ce qui arrive lorsque le doute entre dans une famille

Dans Fjord, Cristian Mungiu part d'un événement minuscule en apparence. Dans un village norvégien, deux familles sont devenues proches. Puis l'école découvre des ecchymoses sur le corps d'Elia, une adolescente. À partir de cet instant, chaque certitude commence à perdre de sa netteté.

Le cinéaste déplace sans cesse le point d'équilibre. Une marque sur un corps devient une question d'éducation, puis de confiance, de religion, d'intégration et de regard porté sur les autres. Le film ne construit pas une enquête destinée à délivrer rapidement une vérité confortable. Il observe plutôt ce qui se produit lorsqu'une communauté doit interpréter des faits sans disposer de toutes les clés.

Sebastian Stan et Renate Reinsve s'inscrivent dans cette retenue. Les réactions comptent autant que les déclarations, les silences autant que les confrontations. Une phrase peut protéger, accuser ou simplement révéler que deux personnes n'accordent pas le même sens aux mêmes mots.

La durée de 2h26 participe à cette méthode. Cristian Mungiu laisse aux situations le temps de se déplacer et aux personnages celui de se contredire. Certaines figures demeurent volontairement difficiles à saisir, ce qui peut créer une distance, mais cette opacité nourrit aussi la question centrale du film : jusqu'où peut-on réellement connaître l'autre lorsque chacun apporte sa culture, sa foi, son histoire et ses propres limites ?

Palme d'or au Festival de Cannes 2026, Fjord s'adresse ainsi aux spectateurs qui aiment sortir d'une salle avec davantage de questions que de réponses. Ici, la séance ne se referme pas nécessairement avec le générique.

À savoir : Fjord dure 2h26 et sort en France le 19 août 2026.

Oklahoma Honey : Matthew McConaughey, des abeilles et le son du bluegrass

Oklahoma Honey, titre français de The Rivals of Amziah King, installe Matthew McConaughey dans une Amérique rurale où une ruche, une chanson et une dette familiale peuvent peser aussi lourd qu'une arme.

Amziah King est apiculteur, musicien de bluegrass et personnalité connue de sa communauté. Lorsque sa fille adoptive revient dans sa vie, l'homme entrevoit la possibilité de renouer un lien longtemps distendu. La reconstruction ne tarde pourtant pas à se heurter aux menaces qui pèsent sur son exploitation.

Andrew Patterson refuse de maintenir son récit dans une seule tonalité. Le film commence volontiers au rythme des instruments à cordes, des grands espaces et d'une communauté où tout le monde semble connaître tout le monde. Puis le paysage s'assombrit. L'histoire familiale laisse davantage de place au suspense, au conflit et à une forme de récit criminel.

Cette liberté constitue à la fois le caractère et le pari du film. Oklahoma Honey aime changer de direction, prendre une route secondaire, revenir vers ses personnages puis repartir vers une tension plus franche. Cette abondance peut donner une impression de dispersion si l'on attend un récit parfaitement rectiligne. Elle fait aussi partie d'un cinéma américain volontiers ample, nourri par le territoire et par ceux qui l'habitent.

Matthew McConaughey trouve dans Amziah un personnage dont le charme repose moins sur l'esbroufe que sur une présence. Face à lui, Angelina LookingGlass donne au lien filial son énergie propre, tandis que Kurt Russell apparaît dans un univers où les seconds rôles ont suffisamment d'espace pour laisser une empreinte.

Et puis il y a le bluegrass. La musique ne sert pas seulement à donner une couleur locale : elle crée une communauté, installe un rythme et rappelle qu'avant toutes les péripéties, Oklahoma Honey raconte aussi une transmission. Même les abeilles ont ici quelque chose à dire sur la patience nécessaire pour reconstruire ce qui a été abîmé.

À savoir : Oklahoma Honey dure 2h10 et sort en France le 19 août 2026.

La Nirvana : sauver une ferme avec une idée que la banque n'aurait probablement pas financée

La Nirvana repose sur une rencontre qui n'aurait jamais dû avoir lieu. Jean, agriculteur au bord de la faillite, découvre dans sa grange Foued, jeune homme en cavale accompagné d'une cargaison de cannabis. Lorsque celle-ci disparaît, il reste une dette à rembourser et deux hommes qui n'ont plus beaucoup de solutions raisonnables à leur disposition.

La moins raisonnable s'impose donc naturellement : cultiver du cannabis au cœur de l'exploitation agricole.

Hakim Bougheraba construit sa comédie autour de cette association forcée. Le monde rural, ses contraintes économiques et son quotidien très concret accueillent soudain une activité clandestine qui vient dérégler les habitudes. Chèvres, plantations, voisins et visiteurs deviennent autant de sources possibles de catastrophe.

Le ressort du film tient aussi à l'écart qui sépare Jean et Foued. L'un connaît la terre et ses rythmes, l'autre arrive avec ses problèmes et son urgence. Pour que leur improbable entreprise fonctionne, ils doivent commencer par apprendre à travailler ensemble. La combine devient alors aussi une histoire de solidarité née là où personne ne l'attendait.

Ichem Bougheraba, Jean-Baptiste Brucker, Gad Elmaleh et Éric Cantona participent à cette comédie qui utilise le choc des tempéraments et l'engrenage du mensonge comme principaux carburants. Plus la solution semble fonctionner, plus elle risque évidemment de produire de nouveaux problèmes. Le cinéma de comédie connaît la règle : lorsqu'une petite idée exige soudain une organisation clandestine complète, les ennuis ne sont jamais très loin.

À savoir : La Nirvana dure 1h38 et sort en France le 19 août 2026.

Marius et le Royaume des mers : quand un serpent marin doit apprendre à se jeter à l'eau

Il y a des handicaps plus faciles à dissimuler que d'autres. Pour un serpent de mer, ne pas savoir nager appartient clairement à la seconde catégorie.

Dans Marius et le Royaume des mers, le jeune Marius vit sur une île secrète protégée du monde des humains. Ses semblables semblent tous parfaitement adaptés à leur environnement. Lui reste sur le bord.

L'arrivée d'une menace oblige pourtant celui que sa différence isolait à devenir acteur de l'aventure. Le récit transforme ainsi une faiblesse très concrète en moteur initiatique : le courage n'efface pas nécessairement la peur, il consiste parfois simplement à avancer avec elle.

Endre Skandfer adapte l'univers créé par Tor Åge Bringsværd et Thore Hansen dans une animation colorée qui privilégie l'aventure, l'humour et la lisibilité du récit. Le film simplifie une partie de la singularité graphique et de la douceur contemplative des livres pour aller vers une narration familiale plus immédiatement accessible.

Le résultat mise donc davantage sur le mouvement et les péripéties que sur l'étrangeté. Les jeunes spectateurs disposent d'un héros facile à suivre, de créatures marines, d'un danger suffisamment tangible pour nourrir l'aventure et d'un thème qui leur est familier : comment trouver sa place lorsque tout le monde semble réussir naturellement ce qui vous demande, à vous, un effort considérable ?

L'amitié, la famille et la force du groupe accompagnent ce parcours sans alourdir une histoire pensée d'abord comme une porte d'entrée vers le cinéma pour les plus jeunes.

À savoir : Marius et le Royaume des mers dure 1h20, sort en France le 19 août 2026 et est conseillé dès cinq ans par son distributeur.

Et si vous hésitez encore devant le programme, le pop-corn ne vous aidera toujours pas à choisir. Il rend simplement l'indécision beaucoup plus agréable.