Bertrand Burgalat signe la bande originale de « Ni vue, ni connue

01 octobre 2026
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Bertrand Burgalat signe la bande originale de Ni vue, ni connue, le nouveau film de Marc Fitoussi avec Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain. À l’occasion de la sortie de la BO ce vendredi 2 octobre 2026, en vinyle et en numérique, le compositeur raconte au micro de David Marmier pour La Radio du Cinéma la création d’une musique pensée au plus près des images et des personnages.

La musique arrive quelques jours avant le film. La bande originale de Ni vue, ni connue, composée par Bertrand Burgalat, sort le 2 octobre 2026 chez Tricatel. Le nouveau long métrage de Marc Fitoussi sera quant à lui dans les salles françaises à partir du 7 octobre 2026.

Une nouvelle rencontre entre cinéma et musique pour Bertrand Burgalat, producteur, arrangeur, compositeur et fondateur du label Tricatel, qui raconte à David Marmier les coulisses d’un travail particulièrement minutieux.

« Ni vue, ni connue » : Isabelle Huppert en figurante face à Sandrine Kiberlain

Dans Ni vue, ni connue, Isabelle Huppert incarne Corinne Maclou, une figurante qui enchaîne les tournages dans l’espoir d’être enfin remarquée et de décrocher un véritable rôle.

Son parcours croise celui de Sandrine Kiberlain, qui interprète une version d’elle-même. Cette rencontre laisse alors entrevoir à Corinne la possibilité de se faire enfin une place dans le monde du cinéma.

Marc Fitoussi construit ainsi une comédie qui plonge dans les coulisses des plateaux et joue avec les frontières entre les comédiens et leurs propres personnages. Isabelle Huppert est notamment entourée de Sandrine Kiberlain, Anne Marivin et Ana Girardot.

La troisième collaboration entre Bertrand Burgalat et Marc Fitoussi

Ni vue, ni connue marque la troisième collaboration entre Bertrand Burgalat et Marc Fitoussi.

Leur travail commun avait débuté avec Les Apparences, avant de se poursuivre avec la série Ça, c'est Paris !. Pour ce nouveau film, la relation entre le réalisateur et son compositeur est allée encore plus loin.

Bertrand Burgalat explique avoir travaillé sous la direction très précise de Marc Fitoussi :

« J'ai essayé de traduire en musique tout ce que me disait Marc. »

Certaines compositions ont été écrites avant le tournage des scènes. Pour le générique d'ouverture, la musique devait ainsi exister avant les images, à partir des seules indications données par le réalisateur.

Près de 140 morceaux et versions pour construire la musique du film

Le chiffre permet de mesurer l'ampleur de ce travail : en consultant à la fin du projet la plateforme utilisée pour échanger ses compositions avec Marc Fitoussi, Bertrand Burgalat y retrouve environ 140 morceaux, essais et versions.

Il ne s'agit pas simplement de multiplier les propositions. Le réalisateur conserve les différentes versions et peut décider qu'une musique écartée pour une scène trouvera finalement sa place à un autre moment du film.

Une note, un accord ou une variation peuvent également modifier la perception d'un personnage. Bertrand Burgalat raconte notamment le long travail effectué autour de la séquence finale afin de faire évoluer la musique entre énergie, joie et mélancolie.

Cette collaboration illustre ce que le compositeur recherche dans la musique de film : comprendre précisément l'intention du cinéaste avant de la traduire musicalement.

Une bande originale pensée « au service du film »

Bertrand Burgalat revendique une approche éloignée des bandes originales construites principalement autour de tubes ou de morceaux préexistants.

Pour Ni vue, ni connue, la musique a été conçue spécifiquement pour accompagner le récit, parfois de façon volontairement discrète.

« Elle est vraiment au service du film. »

Le compositeur assume cette fragilité et cette discrétion. La réussite d'une musique de cinéma ne consiste pas nécessairement, selon lui, à attirer immédiatement l'attention du spectateur, mais à modifier subtilement sa perception d'une scène ou d'un personnage.

Bertrand Burgalat défend la création et la « page blanche »

L'entretien accordé à La Radio du Cinéma dépasse également la seule création de Ni vue, ni connue.

Bertrand Burgalat revient sur son rapport à la composition, à l'artisanat musical et aux outils contemporains. Face aux possibilités offertes aujourd'hui par l'intelligence artificielle, il défend notamment l'importance de la page blanche, de la recherche et du dialogue entre artistes.

Il établit un parallèle avec l'apparition du sampling, qui avait déjà bouleversé les méthodes de création musicale. Pouvoir accéder immédiatement à une matière existante peut ouvrir de nouvelles possibilités mais aussi, selon lui, enfermer le créateur dans des emprunts.

À l'inverse, partir de rien permet de modifier une note, un accord, une instrumentation et de construire progressivement une œuvre avec des musiciens, un ingénieur du son ou, dans le cas d'une bande originale, avec le réalisateur.

Bertrand Burgalat : comprendre ce que le réalisateur veut raconter

Pour Bertrand Burgalat, l'une des principales difficultés de la composition de musique de film n'est d'ailleurs pas uniquement musicale.

Elle tient au dialogue avec le cinéaste.

Le compositeur doit comprendre ce que le réalisateur cherche à exprimer, parfois avec des mots qui ne sont pas ceux d'un musicien, puis parvenir à transformer cette intention en musique.

C'est précisément cette capacité à formuler ses attentes que Bertrand Burgalat apprécie chez Marc Fitoussi, qu'il décrit comme un réalisateur particulièrement précis, méticuleux et exigeant envers les autres comme envers lui-même.

La bande originale de « Ni vue, ni connue » disponible le 2 octobre

La BO de Ni vue, ni connue paraît le vendredi 2 octobre 2026 chez Tricatel.

Le vinyle comprend 24 titres

Découvrir la bande originale de « Ni vue, ni connue » chez Tricatel

Voir la fiche et les séances de « Ni vue, ni connue »


Bertrand Burgalat au micro de La Radio du Cinéma.
Entretien réalisé par David Marmier. Photographie: David Marmier