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Hell in Paradise : Leïla Sy, Karine Silla et Virginie Silla racontent un thriller français inspiré de faits réels

20 mars 2026
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Entretien mené par David Marmier (La Radio du Cinéma) lors des Rencontres 7e Art Lausanne (édition organisée du au mars 2025). 

Un décor de carte postale, une mécanique de soupçons, et une héroïne qui se retrouve sans filet : dans Hell in Paradise, Leïla Sy suit Nina, jeune Française partie travailler aux Maldives, rattrapée par un engrenage judiciaire. Au micro, Karine Silla résume l’étincelle qui l’a poussée à écrire : « Le diable est dans le fait divers ». Une phrase qui sert de boussole à ce film français, porté par Nora Arnezeder, sorti en salles le .

Le pitch, lui, tient en quelques lignes et ne lâche plus le lecteur : Nina quitte Marseille « dans l’espoir d’une vie meilleure », décroche un poste de réceptionniste dans un hôtel aux Maldives, puis bascule quand « une tragédie frappe l’hôtel ». Accusée à tort, elle risque la prison à vie et cherche la sortie du labyrinthe.  Unifrance, EuropaCorp.)

Le fait divers comme miroir

À l’origine du scénario, Karine Silla parle d’« obsessions » et d’une fascination ancienne pour la manière dont la société se raconte au travers d’un dossier judiciaire. Dans l’entretien, Karine Silla décrit ce réflexe collectif : fabriquer une narration, désigner un coupable, se rassurer en pointant « le diable » quelque part, pour éviter de le reconnaître en soi.

Cette idée de « miroir » donne une clé de lecture utile : Hell in Paradise ne se contente pas d’une histoire d’innocence à prouver. Le film s’intéresse aussi à la rumeur, à l’emballement, à ce que l’on projette sur une femme isolée loin de chez elle, dans un endroit où le luxe peut devenir une prison.

Quand la justice s’écrit au féminin, le verdict se complique

Dans la conversation, Karine Silla relie directement son écriture à une expérience de terrain : elle dit être allée pendant 20 ans en prison pour animer des ateliers de parole. Des éléments biographiques publics évoquent aussi ce travail d’ateliers en milieu carcéral (par exemple : RTS).

Sur un point, Karine Silla avance au micro des chiffres marquants : « seulement 3 % de la population mondiale carcérale » serait composée de femmes, et « 80 % » de ces situations seraient « liées à un homme ».  

Ce qui reste, au-delà des pourcentages, c’est le cœur du propos de Karine Silla : la place des femmes face au système judiciaire, notamment quand il est question de « complicité » et de responsabilité attribuée. Karine Silla parle d’un héritage symbolique, d’un imaginaire de la « faute originelle » qui, selon elle, continue d’influencer la manière de juger.

Coller à Nina, jusqu’au vertige

Quand David Marmier évoque un « escalier émotionnel », Leïla Sy acquiesce : la mise en scène cherche une progression, marche après marche, vers une sensation de plus en plus resserrée. Leïla Sy raconte avoir reçu le scénario par Virginie Silla et l’avoir lu d’une traite, happée par une écriture « nerveuse » et « ciselée ».

L’idée formelle est limpide : rester au plus près du personnage. Leïla Sy explique que certaines scènes sans Nina ont été écartées au montage, comme si le film refusait de quitter son point de vue. Nina, interprétée par Nora Arnezeder, est ainsi de presque tous les plans.

Côté références, Leïla Sy cite sans détour Alfred Hitchcock : un goût pour les apparences, pour la tension qui s’infiltre dans la beauté des images, et pour cette élégance qui ne protège de rien. Leïla Sy salue aussi son directeur de la photographie, Benjamin Ramalho.

Au micro, David Marmier glisse même une comparaison avec Midnight Express (Alan Parker, 1978), pour décrire cette sensation d’impasse et de choc émotionnel que peut produire un récit de prison et d’injustice. Sans dévoiler les pivots du scénario, la conversation insiste sur l’enjeu principal : Nina trouvera-t-elle le « coup de talon », dit Leïla Sy, qui permet de se remettre debout ?

Produire, ce n’est pas seulement financer : c’est protéger l’essence

Avec Virginie Silla, la discussion prend un virage très concret : comment un film se fabrique-t-il, au quotidien, quand le public ne voit que le résultat final ?

Virginie Silla tient à recadrer une idée reçue : oui, il faut un producteur, mais le métier ne se réduit pas au financement. Le point de départ, dit-elle, reste un coup de cœur de lecture. Elle raconte avoir « dévoré » Hell in Paradise en une heure, puis avoir évalué le public, les débouchés et la faisabilité avant de fixer une enveloppe de production.

Ensuite, selon Virginie Silla, l’essentiel se joue ailleurs : accompagner la vision de la réalisatrice, traverser la préparation, le tournage, la postproduction, puis la sortie, tout en veillant à ce que « l’essence du film » reste intacte. Pour l’expliquer, Virginie Silla imagine un mur construit brique après brique, par toute l’équipe. Et David Marmier complète : il faut que « le ciment » tienne. Virginie Silla sourit : le producteur apporte aussi les briques, le ciment, et s’assure que chacun trouve sa place.

Deux sœurs, un même réflexe : raconter pour tenir le monde

Le moment le plus intime arrive quand Karine Silla revient sur son lien avec Virginie Silla. Elle raconte que sa sœur est née quand elle avait sept ans, et qu’elle a ressenti un « choc d’amour » immédiat. Dans cette évocation, la scénariste retrouve l’origine de son désir d’écrire : inventer des histoires pour sa petite sœur, lui ouvrir un horizon, la rassurer.

Karine Silla se souvient de ce rituel : la petite Virginie Silla venait dans sa chambre, écoutait, puis relançait : « Et la suite ? » Une réplique simple, mais qui dit beaucoup du cinéma : ce besoin d’être porté par un récit, scène après scène, jusqu’au moment où l’on comprend un peu mieux ce que l’on vient de traverser.

Ce qu’il faut savoir sur Hell in Paradise

À savoir (contenu sensible) : certaines pages de programmation mentionnent un avertissement lié à des scènes de violence et à des tentatives de viol. Si ces thématiques vous touchent, il peut être utile de vous renseigner avant la séance (exemple : UGC).

La bande-annonce est également accessible via la fiche officielle EuropaCorp (lien vers YouTube).

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```Photographie: David Marmier pour la radio du cinéma