26 juin 2026
Présenté en avant-première mondiale, le film réunissait dans la salle son réalisateur Olivier Clert et une partie de l'équipe de production de Xilam Animation, mais aussi un invité de marque : Michael Morpurgo, auteur du roman éponyme publié en 2015 et mondialement connu pour Cheval de guerre, adapté au cinéma par Steven Spielberg.
Pour Jules Violon, de La Radio du Cinéma, cette séance avait quelque chose d'unique : « C'était assez émouvant de voir Michael Morpurgo découvrir pour la première fois l'adaptation animée de son propre roman. Toute la salle partageait ce moment avec lui. Il y avait une ambiance incroyable, on sentait que le public était heureux d'être là. »
Une esthétique qui dialogue avec le cinéma japonais
Dès les premières images, Lucy Lost affirme une identité graphique délicate, qui évoque immédiatement certains grands classiques du Studio Ghibli.
« On pense naturellement aux films de Hayao Miyazaki », « Les personnages sont dessinés avec beaucoup de simplicité, mais cette simplicité cache une grande richesse émotionnelle. Chaque regard, chaque geste raconte quelque chose. »
L'animation numérique adopte un rendu proche de l'aquarelle. Les décors semblent peints à la main, les lumières sont douces et les mouvements volontairement épurés. Une esthétique qui accompagne parfaitement le regard enfantin porté sur le récit.
La guerre vue à hauteur d'enfant
L'histoire se déroule sur une île britannique durant la Seconde Guerre mondiale.
Pourtant, la guerre reste presque toujours hors champ. « Elle est partout sans jamais vraiment apparaître à l'écran », explique Jules. « On la ressent dans les inquiétudes des enfants, dans les réactions des adultes, dans cette tension permanente qui traverse le film. »
Cette approche rappelle, selon lui, plusieurs œuvres de Hayao Miyazaki, où les conflits façonnent les personnages sans occuper le premier plan.
Au cœur du récit, les relations entre enfants deviennent alors le véritable moteur de l'histoire.
« Ce qui est magnifique, c'est la manière dont le film montre leur capacité à s'émerveiller malgré tout. Leur regard reste plus nuancé, plus libre que celui des adultes. »
Entre conte initiatique et hommage au cinéma
Tout au long du film, Lucy Lost multiplie les références au patrimoine cinématographique.
Jules y a notamment retrouvé un hommage évident à Frankenstein, notamment dans une scène de poursuite rappelant également Edward aux mains d'argent de Tim Burton.
Ces clins d'œil enrichissent un scénario pourtant volontairement accessible.
« L'histoire paraît simple au départ, mais elle réserve plusieurs véritables surprises. Certains rebondissements, notamment dans le dernier acte, sont vraiment inattendus. C'est ce qui maintient constamment l'attention du spectateur. »
L'adaptation bénéficie également de la richesse du roman de Michael Morpurgo, dont la construction apporte une profondeur supplémentaire au récit.
Un message d'espoir
Lors de la présentation, Olivier Clert a décrit Lucy Lost comme « un hymne à l'espoir et à l'enfance ».
Une définition que Jules partage pleinement. Le film interroge la différence, la solitude, le poids du regard des autres et la manière dont les enfants affrontent un monde bouleversé par la guerre. Mais il rappelle aussi que l'imaginaire, l'amitié et la solidarité peuvent devenir des refuges face aux violences du réel.
L'avis de Jules
« Lucy Lost est l'un des films qui m'a le plus touché depuis le début du Festival. Au-delà de sa beauté visuelle, c'est le regard porté sur l'enfance qui m'a marqué.
Le film montre que les enfants comprennent parfois le monde avec plus de justesse que les adultes. Ils continuent de s'émerveiller alors même que tout semble s'effondrer autour d'eux. C'est un récit rempli d'émotion, qui parle autant de guerre que d'espoir.
À la sortie de la projection, le public était debout, ému. Je comprends pourquoi. Lucy Lost est un film qui touche autant le cœur que les yeux, et qui mérite d'être découvert par un très large public dès sa sortie. »
— Jules Violon, pour La Radio du Cinéma au Festival international du film d'animation d'Annecy 2026
