26 juin 2026
Festival international du film d'animation d'Annecy : In Waves s'impose comme l'une des œuvres les plus remarquées. Réalisé par Phuong Mai Nguyen et adapté du roman graphique autobiographique d'AJ Dungo, le long métrage raconte une histoire d'amour dont l'horizon se redessine au rythme de la maladie, de la création artistique et de l'acceptation.
Pour La Radio du Cinéma, Jules Violon, Anakhin Jeudy et Eden Vaisse étaient présents lors de cette projection.
Une histoire racontée de l'intérieur
Le film suit AJ Dungo, adolescent passionné de skateboard, dont la vie bascule lorsqu'il rencontre Kristen, une jeune surfeuse. Leur relation évolue au fil des années jusqu'au retour de la maladie qui frappe la jeune femme.
Parce que le récit est directement inspiré de la vie de son auteur, In Waves conserve une grande retenue dans sa manière d'aborder ses personnages.
« C'est une œuvre très intime », observe Jules Violon. « On suit leur quotidien avec ses moments les plus simples, jusqu'à ce que la maladie prenne une place de plus en plus importante. »
Le récit ne cherche jamais à dramatiser artificiellement les situations. Il préfère montrer comment un couple continue d'avancer lorsque le temps devient compté.
Les vagues comme fil conducteur
Le surf occupe une place centrale dans le film.
Mais il dépasse rapidement le simple loisir pour devenir une véritable métaphore du récit.
« Le film parle de ces vagues que l'on rencontre dans une vie », explique Jules. « L'idée n'est pas de les affronter frontalement, mais d'apprendre à avancer avec elles. »
Une lecture que partage Anakhin Jeudy.
« Le surf devient presque une manière de continuer à vivre. C'est par lui que les personnages retrouvent un équilibre lorsqu'ils traversent les périodes les plus difficiles. »
Une écriture qui assume sa simplicité
Les dialogues privilégient des situations du quotidien, parfois légères, parfois plus silencieuses.
Pour Jules, cette simplicité participe pleinement à l'identité du film.
« Certains échanges peuvent sembler très directs, mais ils restent cohérents avec le fait qu'il s'agit d'un récit autobiographique. Je n'y vois pas des clichés ; j'y vois une écriture qui assume sa sincérité. »
Cette dimension autobiographique apparaît d'ailleurs au cœur même du scénario.
« Kristen demande à AJ de raconter leur histoire à travers son dessin », rappelle Anakhin. « C'est exactement ce qui donnera naissance au roman graphique, puis aujourd'hui au film. »
Une identité visuelle très affirmée
Sur le plan graphique, In Waves est l'une des propositions les plus singulières de cette édition.
Réalisé par Silex Animation, le film associe animation 3D et rendu pictural au point de brouiller les repères.
« Plusieurs fois, on s'est demandé si l'on regardait de la 2D ou de la 3D », raconte Eden Vaisse. « Pourtant, nous faisons tous les trois des études d'animation. C'est dire le niveau de maîtrise technique. »
Les décors conservent volontairement l'aspect d'un concept art ou d'un color script.
« On a presque l'impression que les peintures préparatoires ont directement été intégrées au film », remarque Jules. « Les couleurs, les textures et la lumière donnent une véritable personnalité à chaque décor. »
Anakhin souligne également le travail réalisé sur les transitions.
« Elles accompagnent constamment le récit et créent une vraie continuité visuelle. Elles participent énormément au rythme du film. »
L'avis des équipes
Avec In Waves, Phuong Mai Nguyen adapte fidèlement l'univers graphique et narratif d'AJ Dungo sans chercher à en amplifier artificiellement les effets.
Le film trouve sa force dans son équilibre : une mise en scène maîtrisée, une direction artistique particulièrement soignée et une écriture qui laisse la place aux silences autant qu'aux dialogues.
À la sortie de la projection, les réactions du public témoignaient de l'accueil réservé à cette proposition. Plusieurs spectateurs sont restés de longues minutes dans la salle avant d'échanger avec l'équipe du film.
In Waves confirme qu'un film d'animation peut raconter une histoire intime avec une grande sobriété, tout en proposant une recherche graphique parmi les plus remarquables de cette édition du Festival d'Annecy.